Il faut, de temps en temps, se conduire comme des enfants : 
ça n'empêche pas de vieillir.

( Francis Blanche )

 

« Déjà tout petit, il dessinait mieux que les autres» ou « il a de l’or dans les mains. »

Tous les gamins un peu doués en dessin ont entendu ce genre de phrase mille fois.
Moi, c’est à Verdun au début des années 70 que j’ai commencé à les entendre. Par contre, j’ai toujours pas trouvé ce fameux or qui, soi-disant, se cachait dans mes doigts… J’ai peut-être mal cherché.

Mais effectivement, je passais le plus clair de mon temps à griffonner.
Je noircissais des pages et des pages de petits blocs-notes en forme de cube que mon père ramenait de son boulot.
J’ai eu ma période King Kong après avoir vu la version de 1933 à la télé au ciné club en VO sous-titré, je devais avoir 7 ou 8 ans, et ce fut le choc (ça me fait au moins un point commun avec Peter Jackson.) Même si les subtilités du scénario m’avaient échappé à l’époque, (les sous-titres à 7 ans…), la vision de ce gorille géant au sommet de l’Empire State Building avait mis le feu à mon imagination. Sur mes blocs-notes, le primate affrontait tout et n’importe quoi selon le film que j’avais vu la veille à la télé, ça allait des Morlock de "la machine à explorer le temps " aux vaisseaux martiens de "la guerre des mondes" ou les squelettes de "Jason et les argonautes" et même Yul Brynner en cow-boy androïde de "Mondwest".

Et puis l’homme qui valait 3 milliards est arrivé tel Zorro ! (Zorro qui a dû se bastonner avec King Kong comme tout le monde à cette époque là d’ailleurs)
Ah ! Steve Austin, j’ai l’impression qu’il est arrivé dans ma vie à peu près en même temps ou un peu avant Goldorak. En tout cas, tous les deux étaient les héros de mes premières bandes dessinées à la fin des années 70

Et les années 80 sont arrivées !!!
La décennie du mauvais goût vestimentaire et des coiffures improbables. C’était l’époque de " L’homme de l’Atlantide" et de " Battlestar Galactica "... Mais j’ai faillis oublier " Stars Wars " !… Je ne pouvais pas ne pas citer "Stars Wars" qui m’a donné le goût pour la science fiction et qui m’a fortement inspiré la première BD que j’ai osé envoyer à un concours, c’était pour « les visiteurs du mercredi » en 1980, j’avais 12 ans. C'est encore très maladroit mais l'intention y était...

Mes bandes dessinées suivantes étaient toutes orientées vers le "médiéval fantastique" ou "héroïque fantasy". "Conan le barbare" et autre "Dar l’invincible" étaient passées par-là. Mon héros à moi s’appelait: MANDAR… Et il était super balaise, avec des pouvoirs, et tout et tout!

    Voici 2 versions de Mandar. 1984 et 1985

1 an plus tard, je découvrais "La guerre du feu" de Jean-Jacques Annaud au cinéma, et là encore : "la claque" ! Je devais en faire immédiatement une BD ! Le magnétoscope n’étant pas très répandu à l’époque, il me fallait retranscrire l’histoire de mémoire, car ce n’était pas l’adaptation du livre qui m’intéressais, mais bien celle du film. Cette imagerie barbare et très crue n’a d’ailleurs cessé de m’influencer par la suite.

Mandar Version de 1984
Mandar Version de 1985

De 1981 à 1988 je faisais également partie de l’école de cirque de Verdun : Le « Persé Circus ». J’ai adoré cette période faite d’entraînements, de spectacles et surtout : de beaucoup d’insouciance. Les représentations devant des publics de plusieurs centaines de personnes quand on a 14, 15 ans, restent de très grands souvenirs. Je me suis essayé un peu à tout : Mono-roue, jonglage, trapèze (mais pas trop haut quand même) pour me spécialiser dans l’équilibre sur les mains et l’acrobatie en tout genre. Je faisais aussi les affiches et les flyers de l’école à ce moment là.

Quelques dessins sur le thème du fantastique en 1987. J’avais 19 ans et on se réunissait tous les samedis soirs entre potes pour regarder des films fantastiques et d’horreurs toute la nuit. C’est là que j’ai découvert les maîtres du cinéma d’épouvante italiens : Lucio Fulci, Mario Bava, Dario Argento et j’en oublie bien d’autres. Tout y est passé : du petit chef-d’œuvre inconnu au gros « nanar Z » bien dégoulinant !

En tout cas, c’est à cette époque que s’est vraiment déclaré mon intérêt pour le cinéma et les effets spéciaux. Pour tout les genres de cinéma d’ailleurs, il ne faut pas oublier les grandes comédies françaises. En particulier les films d’Yves Robert : "Un éléphant ça trompe énormément", "Nous irons tous au paradis", "Le grand blond" . Une bande d’acteurs inoubliables !

Et puis, je me suis pris de passion pour les motos en peignant des têtes de tigres et des "femmes à poils" à l’aérographe sur les réservoirs des motos et des mobylettes des copains. Certes, le choix des sujets était souvent discutable, mais c’était les années 80 ! Le kitch était un concept, une attitude, un état d’esprit ! Et comme je suis un peu monomaniaque, je me suis mis à dessiner principalement… des motos. Ben oui, fin des années 80 début des années 90, je n’avais que 2 choses en tête : les motos et la musculation, faut bien s’affirmer d’une façon ou d’une autre…

En 89, j’achète une moto qui me faisait rêver depuis plusieurs années : Une 1200 V-Max. Une moto "musclée"... Evidemment je ne pus m'empêcher de la personnaliser immédiatement. Je décide ensuite de la modifier totalement en redessinant la carrosserie et en changeant la fourche, les roues et le système de freinage pour un plus performant.

Etapes de fabrication de la coque arrière de

V-Max dans mon garage à Verdun

Résultat : ma moto en photo dans le magazine Moto Tuning en 94.

A cette époque (de 92 à 95) je travaillais chez Formula, un préparateur moto en tant que peintre designer. Les éléments de carrosserie que j’avais dessinés pour ma V-Max ont ensuite été commercialisés par Formula. J’ai créé de nombreux design et réalisais beaucoup de peinture pour cette société, dont voici quelques exemples:

La mode était au FLUO vous l'aurez compris...

Petite revue de presse de quelques motos peintes pour la société Formula.